88
✦ Jour 16 du mois hébreu
שִׁ֥יר מִזְמ֗וֹר לִבְנֵ֫י־קֹ֥רַח לַמְנַצֵּ֣חַ עַל־מָחֲלַ֣ת לְעַנּ֑וֹת מַ֝שְׂכִּ֗יל לְהֵימָ֥ן הָאֶזְרָחִֽי׃
Pour sauver la ville
🕯️ Pour sauver la ville
🏷️ Prière · Protection · Espérance · Chemin
א
Texte Hébreu
שִׁ֥יר מִזְמ֗וֹר לִבְנֵ֫י־קֹ֥רַח לַמְנַצֵּ֣חַ עַל־מָחֲלַ֣ת לְעַנּ֑וֹת מַ֝שְׂכִּ֗יל לְהֵימָ֥ן הָאֶזְרָחִֽי׃ יְ֭הֹוָה אֱלֹהֵ֣י יְשׁוּעָתִ֑י יוֹם־צָעַ֖קְתִּי בַלַּ֣יְלָה נֶגְדֶּֽךָ׃ תָּב֣וֹא לְ֭פָנֶיךָ תְּפִלָּתִ֑י הַטֵּ֥ה אׇ֝זְנְךָ֗ לְרִנָּתִֽי׃ כִּֽי־שָׂבְעָ֣ה בְרָע֣וֹת נַפְשִׁ֑י וְ֝חַיַּ֗י לִשְׁא֥וֹל הִגִּֽיעוּ׃ נֶ֭חְשַׁבְתִּי עִם־י֣וֹרְדֵי ב֑וֹר הָ֝יִ֗יתִי כְּגֶ֣בֶר אֵֽין־אֱיָֽל׃ בַּמֵּתִ֗ים חׇ֫פְשִׁ֥י כְּמ֤וֹ חֲלָלִ֨ים ׀ שֹׁ֥כְבֵי קֶ֗בֶר אֲשֶׁ֤ר לֹ֣א זְכַרְתָּ֣ם ע֑וֹד וְ֝הֵ֗מָּה מִיָּדְךָ֥ נִגְזָֽרוּ׃ שַׁ֭תַּנִי בְּב֣וֹר תַּחְתִּיּ֑וֹת בְּ֝מַחֲשַׁכִּ֗ים בִּמְצֹלֽוֹת׃ עָ֭לַי סָמְכָ֣ה חֲמָתֶ֑ךָ וְכׇל־מִ֝שְׁבָּרֶ֗יךָ עִנִּ֥יתָ סֶּֽלָה׃ הִרְחַ֥קְתָּ מְיֻדָּעַ֗י מִ֫מֶּ֥נִּי שַׁתַּ֣נִי תוֹעֵב֣וֹת לָ֑מוֹ כָּ֝לֻ֗א וְלֹ֣א אֵצֵֽא׃ עֵינִ֥י דָאֲבָ֗ה מִנִּ֫י־עֹ֥נִי קְרָאתִ֣יךָ יְהֹוָ֣ה בְּכׇל־י֑וֹם שִׁטַּ֖חְתִּי אֵלֶ֣יךָ כַפָּֽי׃ הֲלַמֵּתִ֥ים תַּעֲשֶׂה־פֶּ֑לֶא אִם־רְ֝פָאִ֗ים יָק֤וּמוּ ׀ יוֹד֬וּךָ סֶּֽלָה׃ הַיְסֻפַּ֣ר בַּקֶּ֣בֶר חַסְדֶּ֑ךָ אֱ֝מ֥וּנָתְךָ֗ בָּאֲבַדּֽוֹן׃ הֲיִוָּדַ֣ע בַּחֹ֣שֶׁךְ פִּלְאֶ֑ךָ וְ֝צִדְקָתְךָ֗ בְּאֶ֣רֶץ נְשִׁיָּֽה׃ וַאֲנִ֤י ׀ אֵלֶ֣יךָ יְהֹוָ֣ה שִׁוַּ֑עְתִּי וּ֝בַבֹּ֗קֶר תְּֽפִלָּתִ֥י תְקַדְּמֶֽךָּ׃ לָמָ֣ה יְ֭הֹוָה תִּזְנַ֣ח נַפְשִׁ֑י תַּסְתִּ֖יר פָּנֶ֣יךָ מִמֶּֽנִּי׃ עָ֘נִ֤י אֲנִ֣י וְגֹוֵ֣עַ מִנֹּ֑עַר נָשָׂ֖אתִי אֵמֶ֣יךָ אָפֽוּנָה׃ עָ֭לַי עָבְר֣וּ חֲרוֹנֶ֑יךָ בִּ֝עוּתֶ֗יךָ צִמְּתוּתֻֽנִי׃ סַבּ֣וּנִי כַ֭מַּיִם כׇּל־הַיּ֑וֹם הִקִּ֖יפוּ עָלַ֣י יָֽחַד׃ הִרְחַ֣קְתָּ מִ֭מֶּנִּי אֹהֵ֣ב וָרֵ֑עַ מְֽיֻדָּעַ֥י מַחְשָֽׁךְ׃ {פ}
Phonétique
1Chiyr Mi-Zemor Livenéy-Korakh La-Menatsékha Al-Ma-Khalat Le'anot Ma-Sekiyl Le-Héyman Ha'èzerakhiy
2Ado-Naï Èlohéy Yechou'atiy Yom-Tsa'aketiy Valayelah Nègedèkha
3Tavo' Le-Fanèykha Tefilatiy Ha-Téh Ozenekha Le-Rinatiy
4Kiy-Save'ah Ve-Ra'ot Nafechiy Ve-Khayay Liche'ol Higiyou
5Nèkhechavetiy Im-Yoredéy Vor Ha-Yiytiy Ke-Gèvèr Éyn-Èyal
6Ba-Métiym Khofechiy Kemo Khalaliym Chokhevéy Kèvèr Achèr Lo' Zekharetam Od Ve-Hémah Mi-Yadekha Nigezarou
7Chataniy Be-Vor Takhetiyot Be-Makhachakiym Bimetsolot
8Alay Samekhah Khamatèkha Ve-Khol-Mi-Chebarèykha Iniyta Sèlah
9Hirekhaketa Meyouda'ay Mi-Mèniy Chataniy To'évot Lamo Ka-Lou' Ve-Lo' Étsé'
10Éyniy Da'avah Mi-Niy-Oniy Ke-Ra'tiykha Ado-Naï Be-Khol-Yom Chitakhetiy Élèykha Khapay
11Ha-Lamétiym Ta'asèh-Pèlè' Im-Refa'iym Yakoumou Yodoukha Sèlah
12Ha-Yesoupar Ba-Kèvèr Khasedèkha Èmounatekha Ba'avadon
13Ha-Yivada' Ba-Khochèkhe Pile'èkha Ve-Tsidekatekha Be'èrèts Nechiyah
14Va'aniy Élèykha Ado-Naï Chiva'etiy Ou-Vabokèr Tefilatiy Tekademèka
15La-Mah Ado-Naï Tizenakh Nafechiy Tasetiyr Panèykha Mi-Mèniy
16Aniy Aniy Ve-Gové'a Mi-No'ar Nasa'tiy Émèykha Afounah
17Alay Averou Kharonèykha Bi'outèykha Tsimetoutouniy
18Sabouniy Khamayim Kol-Ha-Yom Hikiyfou Alay Yakhad
19Hirekhaketa Mi-Mèniy Ohév Varé'a Meyouda'ay Ma-Khechakhe
Traduction
1Cantique. Psaume des fils de Koré. Au chef des chantres. Sur Mahalat Leannot. Maskîl de Hêmân l’Esrahite.
2Éternel, D... de mon salut, jour et nuit je crie, et suis en ta présence.
3Que ma prière monte jusqu’à toi! Incline l’oreille à ma plainte.
4Car mon âme est rassasiée de maux, et ma vie touche au bord du Cheol.
5Déjà je compte parmi ceux qui sont descendus dans la fosse; je suis tel qu’un homme qui a perdu toute force,
6qui, abandonné parmi les morts, ressemble aux cadavres couchés dans la tombe, dont tu ne gardes plus aucun souvenir, et qui sont retranchés de ta main.
7Tu m’as plongé dans un gouffre profond, en pleines ténèbres, dans les abîmes.
8Sur moi tu fais peser ta colère, s’écrouler toutes tes vagues. Sélah!
9Tu as éloigné de moi mes intimes; tu me présentes à eux comme un objet d’horreur: je suis séquestré et ne puis m’évader.
10Mes yeux se consument de misère; chaque jour je t’invoque, Seigneur, je tends les mains vers toi.
11Est-ce pour les morts que tu fais des miracles? Les ombres se lèveront-elles pour te louer? Sélah!
12Célèbre-t-on ta bonté dans la tombe, ta fidélité dans le séjour de la perdition?
13A-t-on connaissance, dans les ténèbres, de tes merveilles, de ta justice dans le pays de l’oubli?
14Mais moi, c’est vers toi, ô Éternel, que je crie; dès le matin, ma prière va au-devant de toi.
15Pourquoi, Seigneur, délaisses-tu mon âme, me dérobes-tu ta face?
16Je suis pauvre et sans souffle dès l’enfance; je porte le poids de tes terreurs, je suis plein de trouble.
17Sur moi tes colères ont passé, tes épouvantes m’ont anéanti.
18Elles m’enveloppent sans relâche comme les flots; ensemble, elles me cernent de toutes parts.
19Tu as éloigné de moi amis et compagnons; mes intimes sont invisibles comme les ténèbres.
Résumé & Sens Profond

Le Psaume 88 est l’un des psaumes les plus sombres de tout le livre. Il parle de nuit, d’isolement, de fatigue, d’abandon ressenti et d’une prière qui monte pourtant encore vers D....

Le texte est bouleversant parce qu’il ne se referme pas sur une consolation visible. Il reste presque entièrement dans l’obscurité, et pourtant il prie. C’est cela sa grandeur.

Il donne des mots à ceux qui traversent une détresse très profonde, une solitude extrême ou un sentiment de ne plus voir d’issue proche.

Ce psaume fait beaucoup de bien à ceux qui ont besoin d’un langage vrai pour les jours où la lumière ne revient pas vite et où même la prière semble lourde.

On aime y revenir non pas parce qu’il est facile, mais parce qu’il dit que même la nuit la plus dense peut être portée devant D....

Il rappelle qu’un cri qui continue dans l’obscurité reste déjà une fidélité immense.

Ce psaume rejoint aussi ceux qui ont besoin qu’on respecte leur nuit au lieu de la corriger trop vite. Il montre qu’une prière très sombre peut rester très pure lorsqu’elle continue à s’adresser à D....

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Contexte Historique

Le Psaume 88 vient des fils de Kora’h et est attribué à Hémân l’Ezrahite. Il se distingue fortement par sa tonalité presque entièrement plongée dans la plainte.

Dans la tradition, il a souvent accompagné les temps de grande détresse, de maladie lourde, de dépression, de nuit intérieure et de solitude profonde.

Sa rareté vient du fait qu’il ne résout pas l’épreuve dans le texte lui-même. Il a ainsi aidé ceux qui ne pouvaient pas encore dire autre chose qu’une douleur persistante.

Il a aussi été reçu comme un psaume de dignité pour les souffrances que l’on ne sait pas embellir et qui n’ont pas encore de sortie visible.

C’est un psaume précieux pour ceux qui veulent continuer à crier vers D... même sans consolation immédiate.

Il a souvent accompagné les jours où aucune consolation visible n’était encore possible, justement parce qu’il permettait de rester devant D... sans forcer une lumière absente.

Au-delà du Texte

Ce psaume apprend qu’une foi très vraie peut subsister même quand la lumière intérieure ne se sent plus. Le simple fait de continuer à s’adresser à D... devient alors un acte immense.

Il montre aussi que la Bible ne cache pas les nuits prolongées. Elle donne une place sainte à ceux qui ne vont pas bien et qui n’ont pas encore de mot de fin apaisé.

Relire souvent ce psaume peut faire beaucoup de bien à ceux qui traversent une obscurité profonde, une solitude lourde ou une peine qui dure sans réponse rapide.

Il rappelle enfin que D... peut encore recevoir un cœur qui ne sait plus que crier du fond de sa nuit.

Au fond, c’est un psaume pour tenir devant D... quand on n’a plus que l’obscurité et pourtant pas encore cessé d’appeler.

Ce texte peut nourrir une fidélité nue. Il apprend qu’une âme peut rester tournée vers D... même quand elle n’a plus de sensation d’espérance immédiate, et que cette fidélité-là est déjà immense.

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Segoulot — Vertus Traditionnelles
  • Pour les jours très sombres — On le lit pour demander à D... de recevoir une détresse profonde quand on n’a pas de mots plus lumineux.
  • Quand on se sent seul — Ce psaume accompagne bien les périodes d’isolement, de rejet ou de grande nuit intérieure.
  • Pour continuer à prier — Il aide ceux qui n’ont plus beaucoup de force mais veulent encore crier vers D....
  • Pour garder une fidélité dans la nuit — Il soutient une âme qui ne voit pas encore d’issue mais refuse de couper le lien avec D....

Conseil de kavana : On peut réciter ce psaume dans les temps où l’on ne voit pas encore de lumière, quand la nuit intérieure paraît très dense et que même la prière semble lourde. Sa lecture aide à rester devant D... sans fabriquer une consolation artificielle. Elle rappelle qu’un cri maintenu dans l’obscurité reste une grande fidélité. Que ce Tehilim garde vivant le lien avec D..., protège de l’effondrement complet et permette à l’âme de demeurer tournée vers Lui même lorsque la nuit ne s’est pas encore ouverte.

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